« L’humour est une porte d’entrée dans le show-biz »

Même si elle est loin de freiner toutes ses activités (sur scène, en radio…), Anne Roumanoff se lance un défi en aidant les autres artistes à monter leur propre spectacle… Parce que le succès du voisin ne va pas « vous enlever du talent », nous assure-t-elle.

Comme pour mieux ouvrir ce nouveau chapitre de femme entrepreneur, Anne Roumanoff change de tenue. Le noir, plus sérieux que le rouge.

Trente ans de carrière, toujours des spectacles et des chroniques (notamment sur Europe1), et pas une seconde l’envie de freiner le rythme, nous assure l’humoriste qui vient de lancer, sur internet, une plateforme d’aide aux artistes, dont elle a eu l’idée (www.laplaceduspectacle.com). Sans s’imaginer qu’assurer en tant que femme d’affaires, cela pouvait être si énergivore.« Je ne me rendais pas compte que ce serait un tel travail ! Que cela prendrait autant de temps et d’énergie ! », sourit l’humoriste.

En voulant aider d’autres artistes, certains étant encore aux balbutiements de leur carrière, Anne Roumanoff s’inscrit dans une démarche plutôt rare dans un monde du spectacle où il est parfois plus facile de jalouser le voisin. « On m’a déjà dit que ma démarche était altruiste, mais je ne m’en suis pas aperçue. J’ai toujours dit qu’il y avait de la place pour tout le monde dans le spectacle. Et je ne vois pas en quoi transmettre à un autre humoriste le nom d’un bon photographe, par exemple, va vous en- lever, à vous, du talent ! »

Depuis qu’elle a débuté sa carrière sur les planches à la fin des années 80, Anne Roumanoff en a vu éclore des nouveaux talents. Mais c’est sûr que ces derniers temps, les humoristes en devenir surgissent de toutes parts. Ce qui ne la dérange pas, bien au contraire.

« Il y a toujours eu beaucoup d’artistes mais c’est vrai que dans plus de 10 ans, on voit beaucoup plus de gens. Je pense que c’est parce que c’est une porte d’entrée dans le showbiz. Et économiquement, c’est plus intéressant. Ça ne coûte pas très cher de faire un one-man-show par rapport à une mise en scène avec plusieurs acteurs, un décor etc… C’est plus « rentable », si ça marche, d’être seul en scène ».

 

À LA TÊTE DU CLIENT

Permettre à d’autres de monter leur seul en scène (ou autre spectacle), c’est donc ce à quoi aspire Anne Roumanoff au travers de sa plateforme. « C’est compliqué de trouver les bons prestataires (de l’éclairagiste au caméraman en passant par l’avocat) quand on débute. Ça m’est arrivé, encore maintenant, de devoir donner 10 coups de fil pour trouver la personne adéquate. » Elle répertorie donc sur www.laplaceduspectacle.com, une série de bonnes adresses, les siennes et d’autres qu’elle a parfois difficilement glanées. « Certains aiment bien garder secrètes leurs bonnes adresses. Moi, je mets les miennes à disposition. En affichant les prix aussi. Il y a une certaine opacité dans ce milieu. Une réalité économique qui est différente pour chaque artiste. On se rend compte que les prix sont souvent fixés à la tête du client…» Elle sourit quand on lui dit qu’à l’évocation du nom Roumanoff, certains n’hésitent probablement pas à ajouter un « 0 » sur le montant du devis. Pourtant, aujourd’hui, avec cette nouvelle petite entreprise, Anne Roumanoff espère ne pas connaître la crise. Et ne le cache pas : « Oui, je prends un risque financier, bien sûr ».

 

ELLE TOURNE POUR MOCKY

Ces derniers mois, l’humoriste a donc à peine eu le temps de souffler. Et ça lui plaît. « Quand on est artiste et quand on a la chance de travailler, on y va, se défend-elle. Je peux dire non bien sûr, mais j’aime mon métier. Bon, là je pars à Marrakech pour le festival du rire de Jamel, ensuite j’enchaîne avec trois jours de tournage pour Jean- Pierre Mocky (qui reprend les histoires courtes d’Hitchcock, NdlR). Je fais deux spectacles et enfin des vacances. Mais j’ai toujours mon ordinateur avec moi. Je vais en profiter aussi pour écrire mon nouveau spectacle ». Tout est question de personnalité, nous confie l’inépuisable Anne Roumanoff. « Le tout, c’est la pression qu’on se met sur les épaules, la manière de prendre les choses. Il ne faut pas être fébrile. Mais je ne suis pas de nature très nerveuse, même si je suis énergique. Par contre là, quand j’ai lancé ce site, j’étais hystérique ! (rires) Mais c’est important selon moi de se maintenir dans un flow. Vous savez, c’est comme rouler à vélo : une fois que vous descendez, vous ne pédalez plus pareil ! »

1 Comment

  1. Une excellente idée novatrice. Aider des artistes débutants à créer leur spectacle, le promouvoir etc… à des tarifs intéressants c’est vraiment une idée géniale

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